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Paiaka

Publié le 15 Février 2015, 08:29am

Paiaka, groupe de Reggae clermontois, sort son premier essai discographique. Un album tourné vers l'autre, comme l'atteste la main multicolore, qui illustre sa pochette. Baptiste livre son panorama du Reggae au pays des volcans.

Paiaka, le groupe
Baptiste: Païaka est né un 21 juin 2010 à Clermont-Ferrand, le jour de la fête de la musique. C'était la première date du groupe, et même s'il y a eu quelques mois de répétitions en amont. Sur un plateau 100% local et autogéré, vraiment un bon souvenir. La formation a très peu changée depuis!
Le band comporte basse, batterie percus, claviers, guitare, trombone et trompette et bien sûr un chanteur. C'est vraiment important d'avoir une base solide pour se faire une identité, un son. On a eu cette chance, et on en profite au maximum. Les différents musiciens ont tous des influences musicales différentes, d'ailleurs certains ont d'autre projets en parallèle, pas forcémment reggae. Je crois que ça contribue à apporter une richesse et une fraîcheur, que nous aimons apporter dans notre reggae. On se retrouve aussi sur des influences communes... Globalement, la plupart d'entre nous sont férus de reggae Jamaïcains, de toutes époques (Burning Spear, Israel Vibrations, Black Uhuru...). Nous sommes aussi fan de reggae anglais avec des artistes comme Steel Pulse ou Aswad. Enfin, on se rejoint aussi sur des artistes un peu plus jazzy, comme Groundation ou Rockamovya. On aime ce mélange des genres et leur capacité à repousser les frontières de cette musique... Cela fait aussi partie de notre état d'esprit!

La scène Reggae clermontoise
D'une manière générale, la scène Clermontoise est très active! Il y en a vraiment pour tous les goûts, même si certains styles musicaux ont eu leur heure de gloire plus que d'autres. On a visité pas mal d'endroits, et au final on se rend compte qu'il y a une bonne diversité de lieux et de structure en auvergne, même si du travail reste à faire. Au tout début du groupe, le premier "pieds à l'étrier" nouas a probablement été donné grâce au Tremplin Erups'son, structure qui a un grand rôle pédagogique et fédérateur sur la scène Clermontoise. Il y a aussi des lieux comme le Raymond Bar ou l'Hôtel des Vils, qui sont complétements alternatifs, libres, qui proposent une prog audacieuse et pointue. Je pense que ça a une réelle influence sur les groupes du coin. Enfin, je citerai aussi la salle de la Coopérative de Mai, qui essaie aussi d'accompagner les groupes qui frappent à leur porte, ou les structures montantes, donc certaines sont hébergées dans leur "pépinière d'entreprise". Tout ça donne une scène hyperactive et variée. Nous sommes fiers d'en être issus... La rencontre entre les musiciens de Païaka s'est d'ailleurs faite sur scène à Clermont et alentours. Nous avions tous des groupes avec une esthétique reggae. Nous nous sommes tout d'abord fédérés en montant un collectif, qui est devenu aussi aujourd'hui un label (Flower Coast), puis certains ont eu envie de monter un nouveau groupe !

Le Reggae et l'Auvergne
Le reggae est une musique internationale, militante et à l'identité très marquée. Il y a toujours eu des amateurs, des médias spécialisés et une culture reggae, un peu partout. Je ne pense pas qu'à la base, l'Auvergne soit une région plus reggae qu'une autre... Par le passé, il y a eu très peu de groupes qui sont vraiment sortis de notre région. Pourtant, il y a toujours eu, à ma connaissance, quelques groupes pour représenter le style, et le public a toujours répondu présent ! Depuis quelques années, on a l'impression que le style à le vent en poupe. On le voit bien quand on regarde le nombre de concerts, et aussi la fréquentation de ces salles sur les soirées typées reggae. On assiste même à une renaissance du Sound System et Dub, qui ont toujours été liées au reggae. On essaye de travailler tout celà aussi avec notre label, Flower Coast, et les résultats sont assez positifs. On est vraiment contents de ça et on remercie tout ceux qui s'investissent dans le paysage reggae, roots & dub sur la région, ainsi que les personnes qui n'ont pas peur de se déplacer, de découvrir et de soutenir ce style de musique!

Signification de Paiaka

Paiaka est un mot inventé par nos soins au début du groupe, même s'il nous a grandement été inspiré par la contraction de "Païens" en Français, et "Payaka" en jamaïcain. Si le terme jamaïcain n'est pas forcément des plus flatteurs, nous avons choisi de le franciser pour en détourner le sens. "Païaka", pour nous, marque le fait que dans le groupe, chacun à sa spiritualité propre. Nous ne nous revendiquons pas Rastas, même si on se retrouve dans cette culture, et que l'on respecte ceux qui le font, nous ne nous revendiquons pas d'une autre religion, nous voyons le reggae avant tout comme une musique et un moyen d'expression! Nous voulons jouer cette musique avec nos tripes, et avec ce qui vient de l'intérieur de chacun nous...sans forcément mettre un nom dessus, sans forcément avoir tous la même spiritualité au sein de groupe. C'est une vaste question, et nous ne voulons pas brandir ça comme un drapeau. Le nom vient de notre vision de la musique, qui est avant tout personnelle !

La pochette
On tient déjà remercier Quentin Pigeat et Lucie Auclair pour le travail qu'ils ont réalisé sur la pochette et le packaging. "Alive anyway", c'est unie façon de dire qu'on est tous acteurs de nos vies, qu'on influe tous sur notre entourage et notre habitat. Si on fait le tour de tous les thèmes abordés dans cet album, on perçoit clairement dans nos lyrics la volonté de se poser les bonnes questions, même si on ne prétend pas apporter nous même une réponse. Le message principal de cet album, c'est qu'il faut rester acteur, et ne pas subir. On est peut être naïfs, mais on reste persuadés que ce monde n'est pas foutu... Le message, c'est que chaque main compte, quelle que soit sa couleur, sa forme, son origine. On voudrait faire confiance à l'humanité, ne pas céder à la morosité et faire des choses concrètes pour rendre les choses un peu meilleures...

Reggae français anglophone
Comme on en parlait plus tôt, nos influences musicales sont presque toutes anglophones. Depuis très longtemps, on a l'habitude d'écouter du reggae, de la soul ou du blues dans cette langue quasi universelle qu'est l'anglais... Lorsque les premiers lyrics de Païaka ont vu le jour, la question ne s'est même pas posée, c'est un choix qui nous a paru naturel et qui correspond avec la vision qu'on a de notre musique. C'est vrai qu'en France, ça peut être un frein à la compréhension pour pas mal de monde. On en est bien conscients, et on essaye de travailler contre ça. Dans "Alive Anyway" par exemple, on a choisi de faire figurer un livret avec tous les textes de l'album. On espère que cela aidera les gens à s'approprier nos morceaux. Cependant, on reste sûr de notre choix à l'heure actuelle... C'est avant tout un choix artistique! On espère aussi que la musique parle d'elle même, et que les émotions passent de toute façon par l'atmosphère, les nuances, l'interprétation. L'anglais est, il faut le dire, une langue propice aux rimes, et au groove voir à la transe. Même si on ne dénigre pas notre belle langue de Molière, la façon de chanter (et d'écrire!) est radicalement différente lorsque le chant est francophone, et c'est
en ce qui nous concerne, c'est vraiment l'anglais qui nous correspond le mieux.

La chanson Like A Candle
Like a Candle a été écrite par Franzy, notre guitariste. Dans ce texte, il a voulu parler de notre quotidien et de la vie que l'on choisit de mener en tant qu'artistes, à une époque ou c'est de plus en plus compliqué. Mais les paroles s'appliquent très bien à la vie en général. L'image est la suivante : notre vie est une bougie, qui se consume plus ou moins vite, et qui produit une flamme plus ou moins importante. Le fait de courir partout, de se fatiguer, de ne pas être à la recherche d'un certain confort, est une analogie à cette bougie qui brûle vite et fort. C'est un choix de vie, que l'on assume et pour lequel on se plaint pas, malgré les obstacles. Bref, cette chanson est l'expression d'un certain "carpe diem" qui nous anime, et sans lequel nous ne serions pas là aujourd'hui. Si vous êtes curieux, vous pouvez aller regarder le clip de "Like a Candle", entièrement en plan séquence, sur youtube. D'ailleurs, vous pourrez également y trouver les sous titres avec les textes de la chanson. Le clip aussi, reflète bien notre quotidien. Le fait de le faire en plan séquence, sans trucage, sans montage, est le signe d'une certaine recherche d'authenticité.

Paiaka
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