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Asagaya

Publié le 25 Mars 2015, 16:22pm

Jeune Beatmaker repéré par Guts, ex d'Alliance Ethnik, Asagaya cultive pudiquement le mystère autour de son personnage en portant un masque en public. Un oeil sur mon quartier a tenté de dévoiler l'identité de ce prometteur compositeur, en menant une minutieuse enquête autour de son premier projet discographique "Light Of the Dawn".

Qui se cache derrière cette appellation à consonance nippone ? Telle est la première question venue à l'évocation du nom de ce beatmaker énigmatique. Les premiers éléments de l'enquête indiquent qu'il résiderait actuellement à Paris ou dans ses environs. Grâce à un indicateur fidèle, un premier rendez vous est fixé dans un petit appartement parisien avec cet illustre inconnu, dont l'attractivité des douze titres de son premier album soulève tant d'interrogations.

Le jour J, l'homme toujours masqué nous attend dans un coin de canapé partiellement éclairé par une lumière tamisée, guettant derrière ses deux fentes les premières bribes de l'interrogatoire.

D'où vient il ? L'origine reste mystérieuse. Même si la question nous renvoie à la légende du personnage incarné dans "Light Of the Dawn". "Asagaya est un japonais descendant d'un chef Cherokee, qui est totalement illuminé. L'histoire est une initiation pour traverser notre quotidien, afin de parvenir à une autre existence. Pour atteindre celle ci, il faut passer par la mort. Le personnage meurt ainsi à la fin de l'album."

Le port du masque est volontaire de la part de l'artiste pour préserver un anonymat de circonstance. "Asagaya est un personnage avec un univers, qui lui est propre. Le fait de porter un masque correspond à sa personnalité. Il n'aime pas se mettre en avant, enfin pas pour le moment...Ce n'est pas le but recherché." ajoute son porte parole, Dalila.

Le port du masque n'est pas sans évoquer une référence américaine du beatmaking, le rappeur mais aussi producteur MF Doom. Une référence, que ne renie pas Asagaya. "Ce n'est pas vraiment la musique, que j'écoute. Par contre l'imagerie et les visuels autour de cet artiste restent une influence. Auparavant, j'ai joué avec des groupes très divers, de Funk, de Rock et de Dub. A mon avis, aucune musique n'est pas samplable. Tu peux venir du Rock et produire du Hip Hop, et inversement."

La mise en scène de "Light Of the Dawn" demeure très cinématographique avec un personnage central et des rôles secondaires reliés par une trame narrative, autant empruntée à la cinéphilie qu'à la fantasmagorie des rêves de l'auteur. "Certains morceaux sont inspirés par des films. Avec cet album, je ne voulais pas uniquement produire de la musique, mais aussi raconter les nombreuses histoires, qui fourmillaient dans ma tête. Mon producteur Guts m'a aidé à trouver une ligne narrative cohérente, qui rend le tout homogène. D'autres morceaux plus écologiques sont inspirés par certains de mes rêves composés de cataclysmes ou de catastrophes naturelles très réalistes."

Les propos contrastent véritablement avec les mélodies plutôt douces de la première bande originale de cet artiste tourmenté. " Je voulais ce contraste entre une musique mélodieuse voire sirupeuse et des paroles pas toujours convenables. J'aime beaucoup cette idée, déjà développé dans un de mes groupes précédents."

C'est cet univers décalé, qui a immédiatement séduit son producteur Guts, à l'écoute des premières productions du jeune beatmaker masqué. "Même si leurs univers respectifs sont très différents, Guts a eu tout de suite un coup de foudre pour la musique d'Asagaya. Chacun s'écoute mutuellement. Guts a eu l'immense mérite de trouver les chanteurs, qui convenaient à chaque morceau. Il a eu une vision avant gardiste de la musique d'Asagaya."

Des intervenants prestigieux, contactés lors de l'enregistrement à New York du projet solo de Guts. Malgré la distance, la collaboration entre ces artistes et le beatmaker s'est avérée fructueuse. "Ces collaborations ont été longuement réfléchies entre les artistes et moi-même, grâce à de nombreux échanges par skype ou par mail interposés. Par exemple, Leron Thomas, trompettiste et vocaliste de Jazz américain, a spontanément trouvé l'esprit de la chanson "In The Mountain of Bliss". Il a écrit à des milliers de kilomètres de distance les paroles, qui collaient parfaitement au morceau."

L'ensemble est un voyage initiatique à une musique atypique, qui pioche dans une palette de répertoires très diversifiés. Un conte de fée apocalyptique accompagné d'un ensemble sonore, où se mêlent d'inattendus pingouins et un Samourai des temps modernes. Une pléthorique fresque, où Asagaya ne tombe pas pour autant le masque, notamment sur scène. "Je garde mon masque sur scène. La réaction du public est froide. Mais c'est le but recherché. Je tiens à garder ce côté flippant et mystérieux plutôt que sembler proche et chaleureux. Je peux ainsi me concentrer sur la musique et les effets visuels." L'énigme reste donc entière, même dans la réalité.

Asagaya
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