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Fasto

Publié le 29 Juillet 2016, 15:44pm

Jeune street artiste essonnien, Fasto s'est fait récemment remarqué par les habitants de Palaiseau et les usagers du RER. Résident de l'espace culturel Le Ferry, ce palaisien d'adoption interpelle la rétine par ses oeuvres autant inspirées par son quotidien que par ses voyages en Amérique du Sud et ses aller retour à Berlin.

Fasto a grandi à Sainte Geneviève des Bois dans l'Essonne. Mais il a vite immigré plus au Nord à Palaiseau. " Très tôt, j’ai trainé vers Palaiseau et ses environs. Mon meilleur pote d’enfance vivait à Lozère. Du coup je passais tous mes week end là bas, et plus dans le coin, faisant une heure de trajet pour venir. Du coup Palaiseau, c’est une vraie histoire de coeur. Les éléments de cette ville qui m’inspirent sont les personnes qui y vivent et que je cotoie. Elles sont motivées, pleines de projets, avec un esprit critique et bienveillant. C’est ça que j’ai trouvé à Palaiseau et qui m’a inspiré avant tout."

Sa passion pour l'art commence par le graffiti. " Je suis parti du graffiti au collège, où j’ai travaillé jusqu’au lycée mes lettrages. Une certaine frustration a fini par se faire sentir. J’ai commencé a dessiner des personnages. Avec des potes, c’était notre activité de la soirée. Le moment où tout a vraiment basculé, c’est lorsque j'ai choppé un carnet. Je me suis dit alors qu'il y aurait un dessin à chaque page. Depuis je ne me déplace jamais sans mon carnet. Je dessine constamment, c’est devenu indispensable. Par la suite j’ai commencé à créer mes propres toiles, en mélangeant mes techniques acquises par mes dessins. Je n’ai vraiment commencé à développer la peinture que lors de ma résidence au Ferry."

Le Ferry, un lieu et un support important dans la vie créative des jeunes de Palaiseau, malgré le manque de soutien de la nouvelle équipe dirigeante de la Mairie. " Je suis arrivé en septembre 2015 au Ferry grâce à l'OMP, une association, qui organise des événements comme le festival Aoutside. J'ai été accepté en résidence dans ce lieu. L'ambiance y était géniale dans la cour et dans les ateliers. Mon atelier est vite devenu un endroit ou l’on peut venir boire le thé pour discuter tout en dessinant ou en peignant. Durant ces deux ans, j’ai surtout vu la dégradation des conditions de travail avec l’arrivée du nouveau Maire Grégoire de Lasteyrie ( LR) , la suppression de poste au seins du Ferry, la condamnation du lieu de vie, la destruction du mobilier, la réalisation d’un trou dans la cour afin de la rendre inutilisable…

Nos interlocuteurs de l’institution sont bloqués par la peur de la hiérarchie et la volonté de carrière, ils sont sur des problématiques tellement déconnectées du réel. Mais ce que j’ai vu en réaction de tout ça était très beau, des gens qui se réunissent, parlent, tentent à leurs échelles de trouver des solutions. Ces deux années ont donc été pas mal sous le signe de la survie et de l’incertitude du lendemain."

Par ailleurs, Fasto aime jouer avec les éléments institutionnels de son cadre de vie pour les détourner. Sa cible préférée restent les panneaux publicitaires des wagons du RER. " La Galerie du RER m’est venue naturellement lors de mes trajets. J’ai commencé par utiliser le papier des pubs du RER C. D’une pierre trois coup : Récupération de papier, arrachage de publicité et endroit pour exposer,que demande le peuple ! J’aime me mettre en contact face au gens. Effectuer une action illégale aux yeux de tous, mais que pourtant personne ne décrie ( personne ne s’est jamais plaint du fait que j’enlevais les pubs), à visage découvert, le sourire aux lèvres. C’est un acte profondément politique finalement. Reprendre possession de nos espaces, c’est la première étape que nous devons effectuer en tant que citoyens face à cette mascarade de pouvoir politique et économique qui nous dirige.

C’est également un moyen d’exposer. N’étant pas un féru de galerie mondaine, je trouve cet endroit d’expression plutôt sympathique : il vient à toi par hasard, tu peux choisir de regarder ou pas. Il voyage auprès de tout un public extrêmement hétéroclite. Et la notion de gratuité m’est également importante.

Enfin cette démarche permet également de me sortir personnellement de l’absurdité des transports en commun. Si proche les uns des autres, mais tellement distants. C’est ma manière de casser ce processus, de créer des espaces de rencontres ou de discussion."

Cet hiver, l'artiste a également effectué une série d'oeuvres, dont les personnages principaux sont des animaux, intitulé "Urban Art" en plein coeur de Palaiseau. " Toujours dans cette démarche de me confronter à l’extérieur, j’ai décidé d’exposer en « sauvage » dans la rue en y affichant des peintures d’animaux. L’idée est de réintroduire l’idée de l’animal dans la vie citadine et par alliance de la nature dans son ensemble. Je ressens un grand besoin de me reconnecter davantage au Naturel, à l’essentiel. "

Si Fasto affirme ne pas avoir d'inspirations artistiques majeures. Ses voyages en Amérique du Sud, notamment au Chili et en Argentine, ainsi que ses séjours répétés à Berlin, capitale du Street Art europééens, lui apportent beaucoup. Une ville créative, dont il ne tarit pas d'éloges." Je vais régulièrement a Berlin, car ma sœur y a crée un lieu alternatif, une sorte d’école transculturelle indisciplinaire qui s’apelle Artistania ( www.artistania.org) On y trouve des musiciens, danseurs, comédiens, plasticiens.. Et tout un public de quartier. C’est un autre mode de vie qui m’inspire beaucoup. On y rencontre, crée, danse, fait la fête. Peu cher, aéré, alternatif, pleins de grands parcs, de l’art à tous les coins de rue et des échoppes ouvertes toute la nuit . Des lieux qui respirent la liberté, de création de réflèxion.. C’est clair que Berlin inspire ! Ce n’est pas que le street art, c’est la création de manière générale."

Si le dessin reste son domaine de prédilection, l'artiste ne se limite pas au crayon. Il a également réalisé le clip du groupe de rap palaisien LSPC et quelques courts métrage. Il pratique également le lightgraff, une technique qui mêle la photographie et la peinture.

"Le lightgraff est une technique de longue pose photographique ( une photo qui dure plusieurs secondes). La photographie par essence capture la lumière ( Photo>>lumière Graphie >>écriture.)

Du coup durant le temps de pose je peins avec la lumière dans l’espace.

C’est une technique où la liberté de mouvement est assez grande. Mon art étant basé sur l’intuition, la liberté et le mouvement, ces techniques m’ont débridé et aidé à réaliser mon potentiel.

J’en ai tiré une série de photographies, que j’ai appelé “Autres Mondes”. Une partie a été exposée dans le parc de la MJC à Palaiseau de Janvier a Avril 2016."

Artiste pluri disciplinaire et engagé, Fasto risque de retenir votre attention visuelle aux hasards d'une rencontre marquante avec une de ses oeuvres dans le RER ou en ville. De l'art urbain naturel en somme...

http://www.fastoart.com/

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Urban Art à Palaiseau

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