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Smokey joe and the Kid

Publié le 27 Novembre 2014, 17:12pm

Dans l'univers impitoyable du Far West des beatmakers, les français Smokey Joe and The Kid constituent une paire bien à part. Samplant allègrement de vieux morceaux de blues et de jazz pour donner à leurs morceaux un côté rétro et gangster, les deux compères racontent leur découverte du grand Ouest musical, entre Bordeaux, Nantes et la Californie.

Smokey Joe and the Kid est la rencontre improbable entre deux "gangsters" de la musique issus du grand Ouest. L'un a grandi dans un quartier populaire de Bordeaux, l'autre a bourlingué entre Nantes, Montréal et Paris. Leur découverte avec la musique est également assez surprenante.

A Bordeaux, Smokey Joe a eu une révélation très tardive pour le Hip Hop. "A l'époque je détestais la musique électronique et le hip-hop. J'étais bercé par le jazz et les musiques du monde, après avoir fait du saxophone dans des big bands, je suis devenu bassiste dans un groupe de reggae. C'est la culture Dub qui a éveillé un appétit de la boucle, des grosses basses et des effets sonores et c'est la puissance de Rage Against The Machine qui m'a rendu curieux de la prose hip-hop. Puis ça a été la révélation avec des labels comme Ninja Tunes, des groupes comme High Tone, IAM et Asian dub Foundation. Un pote est passé chez moi et m'a montré un logiciel de MAO, à partir de ce moment là, j'ai trouvé ma vocation. Produire des sons, des beats: faire de la musique!"

Pour The Kid, le parcours est beaucoup plus sinueux. " J'ai grandi dans pas mal de villes différentes du fait que mes parents avaient la bougeotte, mais majoritairement à Nantes. Tout ce que je pourrais raconter sur cette ville, c'est surtout des souvenirs d'enfance, mais c'est aussi là où j'ai fait mes premiers pas dans la musique. J'ai appris la musique classique dans un premier temps, conservatoire, solfège, etc... Et puis j'ai commencé vraiment la MAO avec Feldub, un artiste de notre label, quand on habitait à Montréal, il y a une dizaine d'années."

Leur rencontre s'effectue donc autour de la musique électronique, puis autour du label

Banzai Lab en 2007. "On s'est rencontré un peu avant la création de Banzaï Lab, il y a 6 ou 7 ans. Mais Smokey Joe & The Kid n'est pas né à ce moment-là. On a expérimenté pas mal avant que le projet ne naisse, notamment avec le groupe Fools Drop." Smokey Joe vit alors à Paris, pendant The Kid travaille à Bordeaux. Ce qui ne constitue pas réellement un inconvénient pour composer leur duo. "Avec les nouvelles technologies, on a pu bosser à distance sans problème. Tout le premier album s'est fait comme ça. En fait le problème ne se pose plus car on habite maintenant tous les deux à Bordeaux. Et c'est clair que c'est mieux pour bosser en profondeur, surtout sur les côtés plus humains comme bosser la scénographie."

Après ce premier album, les deux beatmakers se rendent en Californie pour enregistrer leur EP "The Game", avec des collaborations notables avec les rappeurs californiens Gift of Gab de Blackalicious et The Procussions. "Avant tout, ce voyage nous a apporté énormément de fun. Après, notre musique a une grosse empreinte nord-américaine donc c'était aussi une sorte de pèlerinage. Après être déjà passé à New York, il y a 2 ans, Los Angeles et San Fransisco sont des lieux emblématiques pour nous et pour la culture hip hop. Les gens adorent notre son aux Etats Unis. On travaille avec leurs origines musicales aussi, le jazz, le swing, le hip hop. Ca leur parle forcément plus naturellement. Donc le public est très réactif."

Aujourd'hui Smokey Joe and The Kid reviennent avec un deux titres plus électro, mais toujours teinté de cette touche Al caponesque des années 30. "Ca nous éclate de composer cette musique avant tout. Au départ, on voulait donner un style clairement gangster au projet, un truc hybride entre Tarantino, Cab Calloway et les Blues Brothers."

Pour corser la caféine gangster de manière ludique, ils ont fait appel au Grey Monkey Studio pour réaliser le clip du titre Slow Drag, à l'esthétique très cartoon, en animation 3D. "Ça faisait longtemps qu'on travaillait avec les deux réalisateurs, Victor Jardel et Eddy Loukil. Ils avaient travaillé sur le visu de l'Ep. Le morceau aussi a été fait depuis longtemps. Et comme il est bien bourrin, on voulait un clip délire pour adoucir le tout. On est hyper content du résultat, de se voir en 3D en mode Popeye, c'est génial."

Une alchimie, qu'ils tentent de reproduire sur scène en programmant directement les morceaux en live. Une technique venue de leur passé de musiciens." On essaye de faire de notre show un vrai "live", différent à chaque fois, avec des phases d'improvisation. On ne veut pas juste passer nos morceaux. Puis avec la video sur scene, il se passe encore plus de choses. Le live est justement en train de changer. Blake Worrell, de Puppetmastaz, nous rejoint sur scène. Il y aura aussi beaucoup d'autres surprises dans le nouveau live." Une expérience à découvrir au Bataclan le 7 décembre avec le groupe Deluxe, en attendant plusieurs EP en 2015, suivis d'un second album en 2016 de cette mafia électro Hip Hop bordelaise.

Credit Photo Richard Forestier
Credit Photo Richard Forestier

Credit Photo Richard Forestier

REPORTAGE LORS DE LEUR VOYAGE EN CALIFORNIE POUR LA REALISATION DE THE GAME

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