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Walter Molli

Publié le 14 Avril 2015, 18:48pm

Artiste peintre issu du graffiti, Walter Molli a su construire un pont entre sa ville d'origine, Naples, et Lyon, sa ville d'accueil, en s'inspirant de la tradition artistique de l'une et de la structure architecturale de l'autre. Portrait d'un architecte pictural, qui a relié l'art de peindre sur les trains à celui des toiles.

Walter Molli a grandi dans la province de Naples, qu'il décrit ainsi, "une ville de 40.000 personnes, où la grande majorité des gens ne pense qu’au football, aux voitures et à l'argent."

Pourtant, il confie avoir été inspiré par l'école napolitaine de peinture, qui a occupé une place majeure dans le paysage artistique européen lors du XVIIème siècle. Il avoue également se nourrir de la structure architecturale de cette ville effervescente, ainsi que l'attitude singulière de ses habitants. "Naples a une grande tradition artistique. Mes plus grandes influences au niveau artistique viennent de l'art figuratif et de la peinture napolitaine située entre 1600 et 1700. La présence de la mort demeure un élément symbolique à la fois ironique et sérieux dans la culture napolitaine. D'autres éléments de cette ville m'inspirent comme les graffeurs, avec qui j’ai grandi; mais aussi l’architecture de la ville. Une autre grande influence est l’attitude des napolitains face à la vie: leur caractère, leurs regards et leur façon d'exprimer quelque chose de drôle en gardant tout leur sérieux."

C'est par le biais d'une rencontre, qu'il commettra des infidélités à la capitale de La Campanie. Il débarque alors à Lyon grâce à un ami français. "On se connaissait déjà depuis plusieurs années. J'avais déjà été à Lyon, mais il m'a invité pendant un long moment. Du coup, j'ai commencé à montrer mes oeuvres dans de petites expositions. Cela a duré quasiment un an."

Walter crée alors des liens avec le milieu du graffiti lyonnais. Il profite alors de ses flâneries dans les rues lyonnaises pour se réapproprier les nombreux éléments urbains de l'agglomération des Gones dans ses oeuvres murales et picturales. Un défaut du à sa formation d'architecte. "L’influence de cette ville sur moi vient de mes tours en vélo ou à pieds, des vues en hauteur, de ses tunnels, ses bâtiments, ses boulevards; de la structure de la ville, de la relation entre l'architecture contemporaine et ancienne. J'aime réaliser des photos, rentrer dans le studio et en tirer un collage, en m'assurant que la ville vit dans mes peintures."

La clandestinité du graffiti a transformé littéralement sa manière de travailler. Il affirme ainsi assumer son ambivalence de peintre et de graffeur. "J’ai beaucoup été inspiré par le graff français (Brest, Lyon, Paris) ,et des artistes qu'on peut appeler “post-graffiti” comme Brusk, Bomk, Gris1, etc. Mon style a beaucoup changé avec l'urgence illégale du graffiti. Pendant une période j’en ai fait énormément. J’ai eu donc la nécessité de réaliser une synthèse entre numéro de couleurs, vitesse d’execution et choix du lieu. Ça m’a aidé à comprendre comment m’adapter à chaque situation de façon différente: rouleaux et spray dans la rue (soit pour des graffs, soit pour des grands chats), spray sur des trains ou dans des endroits où j’ai besoin d’être rapide et propre (autoroutes, centre ville…). Mon sujet change aussi en fonction du temps d’éxecution possible et de la nécessité du moment. Je suis à la fois un graffeur et un peintre, j’ai besoin des deux aspects artistiques dans des moments différents."

De cette expérience unique dans le graffiti nait une passion immodérée pour les trains, un des supports préférés de l'artiste napolitain, qui aime autant les mettre en scène sur la toile que sur les murs. "Mon amour pour les trains m'est venu un peu par hasard. Avant, chaque train était plus ou moins le même que les autres. Après l'avoir peint ou simplement rêvé, tu commences à comprendre le charme de ce train, son élégance, sa mécanique, les détails...C'est un "fetish" typiquement graffiti, qui donne une vision futuriste avec son idée de mouvement."

Un peu à l'image de C215, la représentation des chats est aussi devenue au fil du temps une marque de fabrique chez Walter Molli. Néanmoins, l'artiste a une préférence pour une race bien particulière de félin, le Sphynx, chat sans poil inspirant l'incontournable divinité égyptienne." Leur ressemblance aux divinités m'inspire. Peints en grande taille, cela permet d'être jugé par leurs regards. Ces chats possèdent un type d'expression plus marqué que les autres races. Pour moi, ils sont plus fascinants à peindre."

Fascinant est le mot juste pour qualifier l'oeuvre de ce peintre graffeur, qui allie les deux disciplines avec la maestria d'un Cavarage des temps modernes.

Walter Molli
Walter Molli
Walter Molli
Walter Molli

fresque réalisée par Walter Molli à l'occasion de l'expo City Hunters, Galerie Artigone à Lyon

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